Diplomatie

« La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent. » – Jean-Anthelme Brillat-Savarin

Pickles de légumes de FLOTUS

 

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A bientôt j’espère – Chris Marker, Mario Marret (1967-68)// Classe de lutte – Groupe Medvedkine de Besançon (1969)

Puisque dans mon dernier billet il était question du groupe Medvedkine.

citylightscinema

EN ENTIER – Deux incontournables du cinéma « militant » en France et je revoie également à Week end à Sochaux du Groupe Medvedkine de Sochaux, évoqué sur le blog, où un historique plus conséquent est présenté.

A bientôt j’espère – 43 mn

En mars 1967 à Besançon, une grève éclate aux établissements Rhodiaceta qui font partie d’une chaîne d’usines de textiles dépendant du trust Rhône-Poulenc. Cette grève a pris un aspect inhabituel par son refus de dissocier le plan culturel du plan social. Les revendications mises en avant ne concernaient plus seulement les salaires ou la sécurité de l’emploi, mais le mode de vie que la société imposait, et impose toujours à la classe ouvrière. 

 

A noter entre les deux films, La Charnière « film sans images »,  discussion enregistrée  qui a suivi la projection de À bientôt j’espère, début 1968. Qu’en pensent les ouvriers présents ? Le débat est franc et houleux…

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Mao, c’est les …

Mao, c’est les Emmaus, hein !

Mon chirurgien m’a dit de me reposer, alors je me repose comme je peux. Discuter avec des amis au téléphone, lire, alimenter ce blog.J’avais prévu de faire un tiramiscu ou d’organiser un trafic de méthamphétamine, mais au lieu de cela et à la demande générale de ma gueule, bloguons ! 

Mon pote Chtulhu était invité à un colloque sur la démocratie participative il y a quelques jours. Le genre de colloques, de rassemblement d’esprits qui généralement nous fait bander. D’ailleurs, on ne parle plus de démo loc ou de démo participative mais d’empowerment.

D’autonomisation ou d’émancipation pour éviter d’utiliser un mot valise du champ politique anglo-saxon. Une fois une traduction proposée, on peut se demander ce qu’il y a de nouveau dans ce concept, dans cette pratique ? Pour qui a un peu de culture politique, les mouvements politiques des années 70 lui sont (un peu) connus. La CFDT, les JOC, et surtout le plus bel exemple : le Groupe Medvedkine de Sochaux, tous parlaient déjà d’autonomie, et cherchaient à acquérir les capacités, les moyens de leur autonomie et de leur responsabilité. On était loin du néo libéralisme qui utilise ce concept désormais pour vendre la dérégulation et le moins d’état dans les pays en développement.

Donc Chtulhu assiste à ce colloque. Généralement dans un colloque, tu parles avec les gens présents, tu y échanges des idées, tu t’y construits ta propre réflexion sur le sujet. Au pire tu fermes ta gueule. Et tu écoutes ce que les autres ont à dire. Ainsi quand un ancien des luttes du quartier de l’Alma Gare de Roubaix prend la parole et témoigne des débuts d’un APU (Atelier public d’urbanisme populaire). A un moment il te raconte les débuts d’une occupation de maison inoccupée avec les militants des JOC, et leur surprise un matin de découvrir une banderole accrochée au fenêtre :

La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie (…). La révolution, c’est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.

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p>Il te raconte cette anecdote sur les liens tissés entre des JOC et des Maos, dans cette expérience d’urbanisme opérationnel où la décision vient des habitants. Alors toi la petite conne au fond de la salle qui n’a pas arrêté de ne parler qu’avec tes deux copines, n’étale pas ton inculture crasse avec ton « Mao c’est Emmaus, c’est ça, hein ! ». 

Trois chargées de projets en politique de la ville et en urbanisme d’un petit territoire. Symptome d’un problème dans le recrutement des agents et fonctionnaires en charge de de l’opérationnel ? Ou problème plus large ? L’accueil réservé aux propositions de la Ministre de l’Égalité des territoires et du Logement pour un empowerment à la française, « désaméricanisé », par un certains nombres d’acteurs du territoire relève peut-être de la même incohérence entre le partage d’un constat d’une crise durable de notre démocratie et les moyens ou du moins les actes pour y remédier.

Les royalistes ont raison, nous ne sommes en démocratie (ou du moins en République) depuis moins de 250 ans (sans compter les épisodes Charles IX, Empire, Vichy), quand les Valois, Capet et Bourbon ont régné sur le pays pendant 800 ans. Rien n’est acquis. Mais si la République confie les missions de réactivation de l’esprit démocratique à des cruches pareilles, le chemin sera long.

Pour autant, lecteur, tu aurais raison de me répliquer que la culture politique n’est peut-être pas utile, qu’un esprit pratique et pragmatique est une bonne chose. Je partage ton point de vue. Mais n’oublie pas qu’un esprit pragmatique sait écouter les autres pour forger sa décision. Un esprit pragmatique sait, comme Alice traverse le miroir, voir les problèmes rencontrés par les a-citoyens (je vais les appeler ainsi faute de mieux, ce terme désignera tous ceux qui ne sont plus acteurs de la démocratie et de la société démocratique) au travers de leur cadre de référence, et lorsque le besoin est là, recouvrer son regard  de citoyen pour fournir les repères et les moyens d’exercer pleinement sa citoyenneté à ses interlocuteurs.  

Le même Chtulhu me rapporte des discussions avec une jeune femme en formation pour une carrière dans le médico social. Celle-ci est stupéfiante : des gamins de 18, 20 ans dont le boulot va être d’aider les plus démunis, les accidentés de la vie qui le plus naturellement du monde reprennent les propos des Wauquiez et Le Pen sur les assistés, les fraudeurs au RSA, etc. Les gamins qu’il m’arrivent de prendre en co-voiturage via BlaBla, ne sont pas mieux. Généralement, une culture politique qui frôle le zéro absolu. Et quand ils sont issus d’un milieu ouvrier, ils adulent Sarkozy. Difficile après ça d’avoir confiance dans la jeunesse. 

Peut-être que dans certains coins de France, à Paris, est-ce différent ? Peut-être.

 

A venir une chronique sur deux films.

Quelques liens :

http://www.laviedesidees.fr/Vers-un-empowerment-a-la-francaise.html

http://citylightscinema.wordpress.com/2012/05/20/lalma-gare-a-roubaix-quand-les-habitants-prennent-linitiative-scophubert-knapp-1979/

Ouverture du blog

Ce matin, comme tous les dimanche matins, depuis 18 mois, après la douche régénératrice, et en compagnie d’une boisson chaude, j’ai visionné l’épisode du 3615 Usul. Dernier épisode, derniers moments de détente avec LE2R. Pas tout à fait.

Pourquoi parler de l’oeuvre de ces membres du NesBlog ? Pourquoi à l’occasion de l’ouverture du blog ? Parce qu’un blog ne s’ouvre jamais par hasard. Mon premier blog, je l’ai ouvert à l’occasion de mon voyage chez les Magyars avec mon frère il y a presque 10 ans. Il a vécu, a servi à d’autres choses depuis. Puis nous l’avons fermé. Usul nous a enjoint à faire ce que nous savions faire. Usul est-il mon gourou ? Peut-être pas ? Il n’est pas le seul à penser qu’Internet est aussi un lieu où l’on peut partager sa pensée autrement qu’en 140 caractères ou dans un espace clos comme l’est FB. On ne peut dénombrer la multitude de blogs, sites persos qui n’ont comme seules raison d’être que le partage, le développement de réflexions pertinentes. Un exemple : le blog de l’ami Mathgon. Vaillant blog.

Alors ? De quoi allons-nous parlé ? De cinéma, de cuisine, de SIG, un peu, de philosophie et de littérature je pense, beaucoup. Vaste programme. Si besoin, nous déplacerons  certains sujets sur d’autres blogs. Oui, je parle de moi avec le nous de majesté, parce que j’ai un orgueil d’Artaban.